Portrait : Association An Grèn Koulèr

Pour celles et ceux qui suivent un peu mes aventures de journaliste en devenir, vous avez peut-être eu l’occasion de lire mon article sur l’association dans le Journal de l’île de la Réunion. Pour les autres, c’est par ici :

IMG_4245

Photo : Cyril Boyer

« An Grèn Koulèr c’est une famille. »

Dancehall à fond, Marc-Etienne à la table de mixage, c’est au studio d’AGK Sound que nous accueillent les membres de l’association An Grèn Koulèr Ecritures sociales. Depuis 2008 elle lutte contre l’exclusion sociale et culturelle, de la Rivière-des-Galets à La Possession.

27 employés, quatre éducateurs, un adulte-relais : An Grèn Koulèr c’est une grande famille. Reynaldo Montserrat, président de l’association, a voulu au départ mettre en place des ateliers afin de recréer un lien social autour de l’écriture : « On voulait trouver une manière de faire émerger les mots ». D’où plusieurs actions menées autour des textes et de la liberté d’expression : le « Printemps des peut-être » (balade chez l’habitant liant poésie, hip-hop et zistoir lontan), « Rêve de galets » (recueil de textes de femmes du quartier) ou encore « Kolèr Zordi » (où Charb, l’ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo, fut notamment invité).

Depuis l’année dernière, « Nout’ lespas, Nout’ vie » accueille les ateliers mis en place par l’association. Avec le soutien de la Caf et de la mairie de la Possession, les locaux ont été obtenus grâce à un partenariat avec la Sédré, ce qui a notamment permis d’aider les familles qui ont des difficultés à payer leurs loyers. La structure, dirigée par Mariette Abdallah, jeune femme originaire du quartier, est située au coeur même de Moulin Joli, quartier « melting pot » qui mélange des familles des hauts de la Possession descendues vers les bas et des familles du Port qui ont voulu prendre un peu de hauteur. 

L’association a aménagé dans cet espace un studio d’enregistrement : AGK Sound. Marc-Etienne, Rayan, « La Crème » et Anthony Thiburce y sont embauchés depuis un mois après plusieurs années de bénévolat. L’année dernière, ils ont eu l’idée de rassembler sur un « freestyle » différents artistes tels que Joneskilla, Badsam ou encore Ti Pay. Ouvert à tout types de musique, le studio a également servi à la production de fonds sonores pour les textes de la poète Joëlle Brethes : une rencontre entre deux mondes.

IMG_4236

Photo : Cyril Boyer

Au fil des ateliers, les discussions permettent à l’association de repérer les difficultés des familles. « Les gens parlent plus facilement autour d’une activité. Ici, c’est beaucoup de dialogues et de conseils. Au début j’étais renfermée mais maintenant je n’ai plus peur de dire que j’existe ! », réagit Marie-Reine, 56 ans, la doyenne de l’association.

« Nou tienbo ensemb' »

Démarré il y a deux ans, le chantier d’insertion a permis à huit femmes et quatre hommes d’être formés en agriculture bio et durable. Un moyen pour ces personnes exclues de la société de tenir un jardin solidaire à Sans-Soucis, encadrées par un agriculteur. C’est aussi une source de revenus pour l’association car les légumes récoltés sont vendus. Ils sont parfois transformés en confitures, Marie-Reine a même inventé la confiture de bringelles !

11390565_1582787798651442_7675192386336873189_n

Photo : Facebook An Grèn Koulèr

Pour Marie-Rosalène, salariée sur le chantier, c’est une fierté : « Nou travay dur mé i fé du bien. Nou tienbo ensemb’ ! » Le chantier a initié ses employés à de nouveaux horizons comme par exemple l’archéologie : ils ont aménagé de faux chantiers de fouilles où ils ont accueillis eux-mêmes des élèves du collège Texeira Da Motta et des écoles primaires de la ville. 

Mickael, qui travaille sur le chantier d’insertion depuis mars, a décidé, avec Freddy, de mettre en place une web Radio pour jeunes papas « qui sont trop souvent oubliés ». Il attend donc avec impatience sa formation d’animateur radio.

Audrey a également commencé sur le chantier d’insertion. Elle est devenue secrétaire de l’association et se charge aujourd’hui, avec le soutien de la mairie, d’un projet de jardins partagés dans différents quartiers de la Possession. La mise en place de formations devrait permettre la création, dans un premier temps, de quatre jardins dédiés à l’auto-consommation.

« Les Héroïnes » sont un autre exemple de la diversité des membres de l’associations : 10 jeunes filles en décrochages scolaire qui grâce à An Grèn Koulèr publient des petits clips vidéos sur leur quotidien d’héroïnes malgré elles.

Mais le manque de financement se fait sentir. A cause d’un retard de subvention, le chantier d’insertion de Sans-soucis a du fermer pendant trois mois. C’est grâce à des dons, à l’ensachage aux caisses des grandes surfaces ou dans à la vente de légumes bio que l’association puise ses ressources.

L’équipe d’An Grèn Koulèr veut à l’avenir de se faire connaître autrement que par le bouche-à-oreille : sound system, kermesse, activités manuelles, repas partagé … L’association prévoit de démarcher directement les familles pour d’abord mieux cerner les besoins des habitants mais aussi renforcer le lien social.

Valeska Grondin

Facebook : An Grèn Koulèr

SiteAngrenkouler.com

ΔVΔ

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :